Béatrice
Meunier-Déry
Lämna

Courrier international 1er oct 2012 : CHINE - L’état peine à lutter.

Le gouvernement chinois a mis en place en 2007 un programme de lutte contre le trafic de femmes et d'enfants et a créé un département spécialisé au sein de son ministère de la Sécurité publique.
Le ministère chinois de la Sécurité publique a annoncé avoir récupéré en 2011 quelque 8 660 enfants et 15 458 femmes enlevés par des réseaux mafieux. Pour les familles, ces chiffres sont insuffisants à l'échelle du nombre de cas d'enlèvements, que l'on estime à plusieurs dizaines de milliers par an.
Ce trafic prospère en partie à cause de la politique de l'enfant unique* qui impose aux familles un seul enfant dans les zones urbaines et deux dans les zones rurales si l'aîné est une fille. Les clients des trafiquants sont des couples n'ayant pas de garçon, ou des paysans de zones reculées qui ne trouvent pas d'épouse. Les enfants enlevés sont aussi livrés à des réseaux de prostitution, ou peuvent être vendus à des familles étrangères.

*Le 29 octobre 2015, lors du 5e plénum du Comité central du Parti communiste chinois, l'abandon complet de cette politique est annoncé, tous les couples seront autorisés à avoir deux enfants à partir du 1er janvier 2016.



T09A & 960Y.

Toi, ma mère, tu te débarrasses de moi, tu m'envoies au diable. Tu me vends à cet homme pour 960 Yuans : 94€. Déflorée mes fleurs se dévorent, mon corps entier se fane. Mes cicatrices je recouds en vain.



Le combat.

Ma robe est soyeuse, phénix et dragons veillent sur moi. Mais ils m'enlèvent à la sortie du village, ils sont dix et mes cris sont vains. Chacun se sert sur la bête que je suis instantanément devenue.
Les phénix, symboles féminins s'arrachent de ma robe. les dragons, symboles masculins, me déchirent. Le combat commence.



Broderie cabossée.

2009 - La population chinoise compte plus d'hommes que de femmes à cause, de l'élimination prénatale des fœtus féminins, de la mort de beaucoup de petites filles. Le prix d'une femme varie selon son apparence et sa nationalité. Entre 10 000 et 50 000 femmes seraient ainsi vendues chaque année en Chine. Elles sont tout d'abord séquestrées dans une pièce de la maison pour devenir une "wuli", une "chose de l'intérieur", comme on dit dans les campagnes pour désigner l'épouse.


400.

400, c'est ce que tu as compté pour moi des brûlures de cigarettes que j'ai sur le corps. Elles sont encore incandescentes, je ne les sens plus, c'est la peau de ma robe entière qui brûle.