Béatrice
Meunier-Déry
Lämna

 
En 1907, Mary Miller, une journaliste féministe anglaise installée en Inde, sa cousine française Adèle de Causse  et la fille de cette dernière, Lucia, partent à la rencontre des Nam-Khas sur les contreforts de l'Himalaya. Elles sont accompagnées du moine Népalais Dampa du monastère de Kyanjin Gompa qui leur fera découvrir « le peuple des femmes nuages », une société matriarcale très particulière. Elles y séjournent deux ans et reviennent avec, dans leurs bagages, de nombreux objets.
 

 
L’Himalaya comme terre d'aventures : lointain clin d’œil au Shangri-la de James Hilton, aux souvenirs  des films « connaissances du monde » des années 70, fascinantes fenêtres sur des  ailleurs,  qui montraient l’immense beauté et l’extrême rudesse sur un même plan, inséparables.  

L’écrivaine anglaise Mary Miller, et sa cousine Adèle de Causse, sont des héroïnes féministes fictives. La société matriarcale des Nam-Khas, les personnages, les costumes, les parures, les objets et les photographies ont été inventés et créés de toutes pièces.
Il s'agit d'amener le spectateur à s’interroger sur la valeur du témoignage historique, tout en l’invitant à réfléchir à des problématiques actuelles telles que l’altérité culturelle, la place de la femme et des minorités dans nos sociétés occidentales.

Mettre en scène, à la façon des musées d’ethnographie contemporains, des pièces collectées lors de voyages du début du XXe siècle et offrir une immersion dans un ailleurs géographique et temporel permet de proposer une mise à distance du réel qui pose, entre autres, les questions suivantes : comment la condition des femmes a-t-elle évolué depuis le début du XXe siècle ?
Qu’en est-il du métissage de nos sociétés, peut-on se fier à ce qui nous est présenté comme réel aujourd’hui sans questionnements ni analyses ?

L'exposition comprend 125 pièces : des costumes, des objets rituels, des échantillons botaniques, des extraits de carnets de voyage, des photographies sépia et autochromes prétendument datées du début  du XXe siècle... Au spectateur de voyager à son tour, de démêler le vrai du faux, la vérité historique de la fiction pure.